jeudi 23 novembre 2017

Formation en Permaculture

Quand le soleil décroit...


" avoir la foi, c'est danser au bord de l'abîme."

Friedrich Nietzsche

***

mercredi 22 novembre 2017

Nocturne lumière... avec François Cheng





"Que le jour soit plus clair que la nuit, c'est une évidence. 
Mais, d'après ma perception, la clarté du jour est une lumière déjà donnée là; on en profite ou on la subit, selon l'humeur du moment. Tandis que dans la nuit, on passe d'abord dans la plongée de l'obscurité, avant de se trouver dans la disposition -ou aspiration- de capter la moindre lueur qui s'offre, une allumette qui craque, une luciole qui passe, une première étoile qui se signale du fond de la voûte céleste... Pour peu qu'on ait un esprit un peu "mystique", on vit par là l'expérience illuminante de toucher la naissance ou la source de la lumière. 
Oui, on pense à l'expression consacrée de la "nuit mystique". 
Non que les mystiques se complaisent dans les ténèbres; je crois que, véritablement, ils ont tous la nostalgie d'atteindre l'état originel où, au risque d'aveuglant anéantissement, ils pourraient assister au jaillissement même de la lumière, ce que j'ai exprimé dans le quatrain suivant:

Vraie Lumière
celle qui jaillit de la Nuit
Vraie Nuit
celle d'où jaillit la Lumière"

 
François Cheng, 

'Le Dialogue."

***

 

mardi 21 novembre 2017

Notre rencontre... avec Christiane Singer


début d'une conférence en 1994 lors d'un forum organisé par Alain Chevillat :
les effets indescriptibles d'une rencontre d'humains...
 



« Nous n’avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. »
***

lundi 20 novembre 2017

Que fais-tu grand-mère ?


Que fais-tu grand-mère ?

J'apprends la patience et l'ennui,

Le goût de l'instant, la joie de chaque jour,
J'apprends que la tristesse du cœur est nuage,
Et nuage aussi est le plaisir …
Que fais-tu grand-mère, assise-là, dehors, toute seule ?
Eh bien, vois-tu, j'apprends.
J'apprends le petit, le minuscule, l'infini,
J'apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne.
J'apprends à être transparente.
A regarder au lieu d'être regardée.
J'apprends le goût de l'instant quand mes mains tremblent,
La précipitation du cœur qui bat trop vite.
J'apprends à marcher doucement,
A bouger dans les limites plus étroites qu'avant
Et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.

Comment est-ce que tu apprends tout cela, grand-mère ?

J'apprends avec les arbres, et avec les oiseaux.
J'apprends avec les nuages.
J'apprends à rester en place et à vivre dans le silence.
J'apprends à regarder les yeux ouverts et à écouter le vent.
J'apprends la patience et aussi l'ennui :
J'apprends que la tristesse du cœur est un nuage,
Et nuage aussi est le plaisir :
J'apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir
Et à recommencer sans me lasser.
J'apprends à me réjouir au début du printemps et à la fin de l'automne,
À voir un arc-en-ciel dans une goutte de pluie
Et une vie entière dans une gouttelette de soleil qui scintille sur une pierre.
J'apprends que les chemins se divisent et se perdent,
Que les regrets sont de petites pierres pointues qui blessent les mains qui les enserrent
Et qu'il est meilleur que nos mains restent ouvertes …
J'apprends mes erreurs, mes chagrins, mes oublis,
Et toutes les joies qui se faufilent, poissons d'argent dans la masse de notre vie.

Grand-mère, je ne comprends pas : pourquoi apprendre tout cela ?

Parce qu'il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains,

A accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée.
Par ce qu'avec l'élan de la vague et le long retrait des marées,
J'apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux.
J'apprends qu'il n'est pas de temps perdu ni de temps gagné,
Mais que l'infini est là, dans chaque instant …
Cadeau trop souvent refusé dans le torrent des jours.
J'apprends qu'il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur,
Que leurs yeux se reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs.
J'apprends à marcher sur des sentiers étroits sans peur,
A regarder les montagnes qui se profitent au loin et que je n'atteindrai pas :
J'apprends les milliers de pas qui ont marché avant moi sur ces même sentiers.
J'apprends les vieilles traces et les jeunes nuages.
J'apprends qu'il faut se tenir prêt à partir quand le vent souffle.
Qu'on avance mieux en se donnant la main.
Que même un corps immobile danse quand le cœur est tranquille.
Que la route est sans fin, est pourtant toujours exactement là.

Et avec tout ça, pour finir, qu'apprends-tu grand-mère ?

J'apprends, dit la grand-mère à l'enfant, j'apprends tout simplement à être vieille.

Joshin Luce Bachoux
nonne bouddhiste:
L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, plante, plein air et nature 


***

dimanche 19 novembre 2017

Immensité avec Joshin Luce Bachoux

Face à un avenir qui nous semble morose, il peut être salvateur de partir à la recherche des grands espaces. Mais c'est dans notre quotidien le plus ordinaire que nous pouvons découvrir les plus belles immensités.





« Au cœur de la joie véritable, on rencontre tout naturellement l'immensité. » Cette phrase d'un vieux maître japonais lue hier soir résonne encore dans ma tête aujourd'hui, sans doute inspirée par le paysage qui s'étend devant moi, horizon infini semé de monts arrondis, de bois de pins et de fougères violettes, ombré de feuillages d'automne. 
Là-dessus, un ciel pâle traversé de nuages balayés par le vent, frais et transparent, qui galope en se jouant de toutes les limites, maisons, éboulis, forêts et vallées et semble désireux de réveiller le monde.

Chercher l'immensité

Quand j'étais adolescente, la vie adulte me semblait un enfermement : je voyais les personnes qui m'entouraient figées dans des rôles qu'elles ne quitteraient plus et je me promettais de refuser d'entrer à mon tour dans ce théâtre. Je me débattis d'abord, avant de comprendre que c'était à moi de chercher mon espace. Je courus les déserts, étourdie de tant de ciel, puis je m'affrontai aux montagnes, émerveillée de tant de puissance. 
L'immensité : oui, en cet instant suspendu au creux d'une dune, au vif d'un rocher, au plus près des nuages. Un instant où l'on est tout, où l'on n'est rien, un instant où le coeur se dilate à contenir un monde, où l'âme grandit à contenir une vie. Un instant d'apaisement, de silence.
Mais il faut redescendre, revenir dans l'autre réalité, celle du quotidien, confortable souvent, lourde parfois, et l'immensité se dilue en mille petites et grandes tâches, pour se rappeler à nous un peu plus tard au creux d'une présence, au vif d'un sourire.

Le silence se fait

Un jour, ce silence se fit appel, promesse. Je me rendis compte que j'avais laissé des murs s'élever autour de moi, d'abord murs protecteurs, murs abris, mais qui peu à peu s'étaient transformés, devenant murs de séparation, murs coupures : difficile pour le soleil de pénétrer dans cette citadelle, difficile de contempler le ciel. C'est lui qui commença à éroder les pierres de mes murs. 
Pas le silence de l'isolement, de la tristesse, pas le noir de l'amertume.  Mais le silence qui ouvre une place au plus profond de nous-même, cet espace que l'on cherche parfois avec un sentiment d'urgence, ou de désespoir même, parce qu'on veut croire que forcément il y a autre chose, forcément il y a plus, forcément la vie ne s'arrête pas là.
La première fois que ce silence s'ouvrit - oh, brièvement -, ce fut une découverte : une autre immensité, immobile et, comment dire, pleine. Qui aussitôt se déroba, me laissant comme au seuil d'une porte des merveilles, là où auparavant je croyais qu'il n'y avait aucune ouverture, mais juste du gris à peine traversé de quelques gouttes de lumière.

La joie véritable

Le silence s'apprivoise lorsque nous n'en avons plus peur, et l'esprit s'éprend de la lumière retrouvée. S'ils ne s'écroulent pas tous, du moins les murs reculent : il est plus facile de respirer, de bouger, quelques pas de danse au gré d'une brise légère... Et ce silence profond devient prière, et ce silence lumineux devient la source de la joie... Cela ne chamboule pas toute notre vie, il y a toujours de bons jours et des jours moroses, ou franchement tristes, et pourtant rien n'est plus comme avant : la vie s'est agrandie, nous pouvons accueillir les émotions, nous n'avons plus peur de la peur.
La joie véritable, qui ne dépend pas de l'extérieur et même pas de nous, nous a ouvert un chemin qui nous ramène vers nous-même, et vers tous les autres, les proches et les lointains ; et nous comprenons que l'immensité est juste là, au cœur de notre cœur.
Joshin Luce Bachoux
Nonne bouddhiste, elle anime la Demeure sans limites, temple zen et lieu de retraite à Saint-Agrève, en Ardèche.

*****
 

samedi 18 novembre 2017

Les Dieux sont faits !


 *****
 Que la paix vous accompagne, ce week-end...







«Nous ne sommes pas ce petit moi limité auquel la plupart du temps nous nous identifions.
Nous sommes Espace Infini.

Il nous faut retourner notre regard vers nous-même et voir à partir de quoi nous regardons.

Il s'agit de remonter à ce point où nous disparaissons en tant qu'ego (apparence) pour renaître à notre véritable Moi, ou véritable nature, notre visage originel. 

Ce vrai visage, cette clarté, c'est le visage de l'UN.
Celui que nous sommes vraiment vraiment vraiment.
Ce visage est absolument immaculé, immortel.
Il est impersonnel.
Il ne porte aucune étiquette.

La vocation de cette quête est d'englober à la fois la nature et l'immensité de l'univers, par l'immensité de l'esprit et du coeur.»

Douglas Harding

"L'immensité intérieure".

aux éditions Originel-Jean-Louis Accarias

douglas-catherine
Douglas Harding et Catherine en Israel, pour un atelier

Venez nombreux à la célébration de Douglas Harding à Paris les 18 et 19 novembre
avec des amis du monde entier (Canada, Angleterre, Japon, Suisse, Hollande...)
source: blog de José Le Roy

vendredi 17 novembre 2017

A absolument lire comme c'est !




J’aime ces livres, rares, que l’on peut ouvrir à n’importe quelle page, n’importe quand, et pouvoir me laisser tomber dans le déroulé d’une seule de ses phrases, avec le sentiment de franchir sans effort un seuil : celui de la conscience ordinaire, qui volète à l’aveuglette vers ses automatismes, pour me diriger droit dans l’espace et l’instant du présent, de la Présence. 
Exactement comme le dit ce tout premier sous-titre : « Je suis tombée dans l’être », p. 27. Je n’ai pas eu spécialement envie de lire tout de suite l’introduction, d’ailleurs brève et utile, pour sentir, pour savoir que l’auteure vit exactement là où elle écrit, que ses pensées et son corps se trouvent au même endroit, à la même seconde. C’est seulement après avoir eu cette immédiate impression – sensation ? – que j’ai aperçu ces deux phrases, dans la note au lecteur, p. 17 : « Le mental est alors très paisible et les sens ne sont pas encore en alerte. Il ne demeure que ce sentiment pur, « Je suis » naturellement conscient et présent dans une grande limpidité. » En effet, c’est bien là le climat dans lequel baigne chaque petit passage de ce livre limpide comme une eau de source, dès que je tombe sur une page, au hasard de mon feuilletage. Qu’il est agréable de lire sans fatigue, juste pour se poser et se ressourcer dans le plus simple et le plus profond !

Cela n’empêche pas Christine Morency de nous accompagner par un choix de chapitres courts et de sous-titres qui guident. Tous les titres vont à l’essentiel : « Il n’y a personne », « L’éveil », « La rechercher spirituelle ou le chercheur assoiffé », « Etre – Je suis – Existence », « Présence, Conscience, le Soi », « L’Absolu », « L’Amour. Non-séparation » et « L’intégration de l’éveil ».


Sabine Dewulf         


Voir la présentation de l'éditeur

 ***

jeudi 16 novembre 2017

Un rappel pour commencer...

 
 
Calligraphie Ines Igelnick

"Nous avons tendance à croire que pour entreprendre de changer le monde, il faut une philosophie ambitieuse. Confucius ne remet pas cette conviction en question, mais il ajouterait sans doute: ne délaissez pas l’infime. N'oubliez pas les "s'il vous plaît" et les "merci". Le véritable changement ne peut advenir tant que les êtres n'ont pas transformé leur comportement, et pour atteindre cet objectif, il faut commencer par les petits détails."

"La voie, une nouvelle manière de tout penser autrement" 
par Michael Puett et Christine Gross-Loh, Ed. Belfond
***

mercredi 15 novembre 2017

Regard de nature.




"La nature est inimitable;
Et quand elle est en liberté,
Elle brille d'une clarté
Aussi douce que véritable.
C'est elle qui sur ces vallons,
Ces bois, ces près et ces sillons
Signale sa puissance;
C'est elle qui par leurs beautés,
Sans blesser l'innocence,
Rendent nos yeux comme enchantés."

Racine

mardi 14 novembre 2017

Une lecture conseillée !


LILY JATTIOT
VIE QUOTIDIENNE DU POUVOIR
Chemin vers l'autonomie





Les éditions Accarias-L’Originel nous ont habitués à des ouvrages de grande qualité. Celui-ci l’est d’autant plus qu’il est signé d’une psychanalyste jungienne éminente, dont l’une des caractéristiques est d’avoir reçu par ailleurs le très remarquable enseignement d’Arnaud Desjardins, lui-même disciple du maître spirituel hindou Swami Prajnanpad : forte de cette triple référence, elle-même étant douée d’une capacité d’analyse hors du commun, Lily Jattiot nous propose un nouvel ouvrage à la fois éclairant et vraiment accessible, tout en étant rigoureux et fortement charpenté.

Préfacé par Pierre Olivier Monteil, ce livre propose une introduction générale sur les « Jeux et enjeux du pouvoir », puis six chapitres, respectivement consacrés aux origines et aux signes distinctifs du pouvoir, aux connaissances théoriques qu’il importe d'acquérir dans ce domaine, à la vie symbolique du pouvoir, centrée sur le concept jungien de « l’ombre », à la conquête de l’autonomie, aux pratiques du pouvoir dans les différentes sphères où il est susceptible de s’exercer, et enfin aux « histoires » de pouvoir, qu’elles soient empruntées à des contes ou à des rêves nocturnes véridiques, où les symboles agissent comme dans les récits merveilleux.

Le livre s’achève sur une conclusion en forme de plaidoyer en faveur d’une autonomie dont le chemin est  nécessairement paradoxal dans ce monde où l’interdépendance est une réalité sacrée.

Outre le fait que le thème abordé – la question du pouvoir – soit l’un des plus riches et vitaux qui soient, Lily Jattiot a l’art et la manière de nous rendre compréhensibles des notions psychanalytiques complexes et navigue avec une grande aisance parmi les mythes et les symboles.

Son écriture est toujours dense, précise et limpide. La forte construction du livre n’empêche pas qu’on puisse l’aborder au hasard de tel ou tel chapitre. La lecture est d’autant plus passionnante et vivante que le texte s’appuie sur la profonde expérience clinique de l’auteure et notamment, dans le dernier chapitre, sur le récit et l’analyse de rêves de patients et de sa propre mère. 

Un régal !
Sabine Dewulf  

Lily Jattiot

Pour lire la 4ème de couverture, cliquez sur l'image